Le Tour du Queyras en autonomie, aux couleurs de l’automne

Le Tour du Queyras en autonomie, aux couleurs de l’automne

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Coincée entre la France et l’Italie, au fond des Alpes françaises… C’est là que se trouve la vallée du Queyras. Un joli mélange de sommets enneigés, de forêts de mélèzes et de quelques villages de bergers. Et au milieu de tout cela, un chemin qui sillonne le long des rivières et se faufile entre les cimes : le GR®58, ou Tour du Queyras, l'un des plus beaux itinéraires de randonnée en France.

Alors que l'automne enflammait les forêts, Corentin, Noëllie et Askja, leur chien, n'étaient pas prêts à remiser les chaussures de rando au placard. Malgré la météo, la période creuse dans les villages et les refuges fermés, ils se sont lancés sur le Tour du Queyras en autonomie. Une « épreuve du froid », afin que la saison des treks ne se résume plus seulement qu’à l’été.

Table des matières

C'est l'automne. Les arbres deviennent orange et les montagnes revêtent peu à peu leur manteau blanc, offrant des paysages aux couleurs éclatantes. Mais c’est aussi la période creuse, celle où les randonneurs estivaux sont retournés se mettre au chaud, celle où les skieurs ne peuvent pas encore dévaler les pistes. Les troupeaux sont redescendus, les villages se sont vidés et les refuges d’altitude ont fermé leurs portes. Bref, la nature reprend ses droits.

De quoi nous donner envie de partir profiter du calme revenu dans les Alpes du Sud. Mais partir sur le Tour du Queyras à la fin du mois d’octobre, cela veut aussi dire dormir sous la tente à plus de 2 500 mètres d'altitude. Et bien, en voilà un beau défi ! Ça tombe bien, on adore ça, les défis. Le Queyras étant un parc naturel régional, nous pouvons donc venir accompagné de notre fauve, Askia, pour notre plus grand plaisir (les chiens ne sont pas autorisés dans les parcs nationaux).

À lire aussi : Le guide complet de la réglementation du bivouac et du camping sauvage en France

Au départ de Ceillac

18h45. Après quelques heures de routes sinueuses en bord de falaises, nous atteignons Ceillac, petit village de 280 habitants au coeur du Parc naturel régional du Queyras. On imagine déjà le bon restaurant de montagne qui nous attend, histoire de prendre des forces avant le grand départ de demain matin.

L’excitation retombe rapidement : à cette période, Ceillac est une ville fantôme. Tout est fermé, et il n’y a pas âme qui vive dans les ruelles. Tant pis, nous restons dans notre van pour manger un morceau et passer la nuit.

Cette dernière n’est pas de tout repos. Il fait déjà très froid et Noëllie n’est pas en grande forme. Mais maintenant qu'on est là, on ne veut pas faire demi-tour. Alors on charge les sacs, on avale un bon petit déj' et on se met en route. On quitte rapidement Ceillac pour attaquer la première ascension.

Le soleil pointe le bout de son nez et tout devient plus beau. Heureusement, car on dirait bien que de notre coté, les jambes sont restées dans le van ! La mise en route est difficile. Sauf pour Askja, qui fait déjà des aller retours pour s’occuper en nous attendant. Finalement, le premier col est atteint, et un constat s’impose déjà : cet endroit est sublime.

Le bivouac fin octobre

Une longue descente, puis une longue remontée plus tard, nous atteignons le Lac de la blanche, à 2 500 mètres d’altitude. C’est ici que nous planterons la tente ce soir. Il fait déjà froid au moment de se coucher, et la température baisse encore pendant la nuit. Askja est un peu désorientée, elle doit se réhabituer aux nuits dehors. Elle ne tient pas en place et je me retrouve à devoir la promener à deux heures du matin.

On fait le tour du lac, je suis fatigué et frigorifié, mais l’environnement est saisissant. Il n’y a aucun bruit, aucune lumière artificielle, aucun mouvement, seuls la lune et quelques étoiles qui se reflètent sur le lac, et ce grand sommet en pic qui me regarde de haut. Dommage, mon appareil photo est resté dans la tente, mais quelle ambiance, j’en ai la chair de poule. À moins que ce ne soit le froid ?

Les autres nuits seront plus calmes. On prend nos habitudes : Askja se blottit entre nos deux têtes et ne bouge plus d’un poil jusqu’au matin, pendant qu'on apprend à jongler entre habillage et déshabillage dans nos duvets, pour toujours rester à bonne température. La fatigue aidant, tout ce petit monde ne fait plus aucun bruit dès que la nuit est tombée. Avant de partir, on avait peur des températures nocturnes qui nous attendaient, mais bien roulés dans nos sacs de couchage, on ne souffre pas. Il faut dire qu'on n'a pas lésiné sur le matériel : doudounes et duvets grand froid sont de sortie et remplissent leur rôle à merveille.

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La routine s'installe. La sonnerie du réveil retentit. Immédiatement, Askja repasse en mode « ON » et me saute sur la tête. Au moins, c’est franc comme réveil, pas le temps de se rendormir. On remet des couches de vêtement, on s’extirpe des duvets, et la mission dégel commence. La tente est recouverte d’une très fine pellicule blanche qu’il faut frotter avec les gants, avant de pouvoir replier le tout. Plus tard dans la matinée, quand le soleil nous fait l'honneur d’être présent, on prend le temps de bien faire sécher la tente.

Le GR®58 à l'automne

La vallée du Queyras est incroyablement calme en cette période. Nous traversons quelques villages mais comme à Ceillac, tout est fermé, si ce n'est une petite épicerie qui permet de faire le plein – heureusement, les sources d’eau et les rivières sont très nombreuses le long du chemin. On ne croise aucun autre trekkeur, seulement quelques rares marcheurs à la journée. Ce n’est pas pour nous déplaire… On se sent tout petits, perdus dans cette nature immense, absolument seuls et sans aucun bruit. À deux reprises, nous apercevons des bouquetins proche des sommets, ils nous observent de loin.

Le mélèze a cette particularité d’être le seul arbre résineux à perdre ses épines en hiver. Par conséquent, il connait comme les feuillus une phase de transition en automne. Là où les forêts classiques restent vertes en toute saison, le mélèze va lui se parer de son plus beau manteau orange qui vient se confronter au blanc de la neige et au gris de la roche.. C’est probablement cette différence qui fait toute la beauté du Queyras, et des Alpes du Sud. Ajoutez à cela quelques ruisseaux qui coulent le long des montagnes, quelques plateaux pour former des lacs d’altitudes, et le spectacle est grandiose.

Le troisième soir, on établit le campement au bord du lac du Grand Laus, à 2 580 mètres d’altitude. Il forme les Lacs Malrifs avec le Petit Laus et le Mezan. Le lendemain matin, on commence à grimper à la frontale, avant les premières lumières. On arrive aux premières loges pour admirer le lever du soleil. Ce panorama restera sans doute notre coup de coeur de l’aventure. On ne peut s'empêcher de chanter "Que la montagne est belle !"

Le dernier jour nous réserve une surprise : la seule averse de la randonnée ! Une dernière montée sous la pluie et nous voici en haut de notre dernier col. Heureux de boucler ce périple, mais déjà nostalgiques. Le van nous attend sagement à Ceillac, qui nous apparait d’ailleurs bien plus sympathique que le soir de notre arrivée. Serait-ce la fatigue ou l’effet « dernier jour » ?

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Enfin, nous allons pouvoir prendre une bonne douche et faire ce fameux restaurant que l’on a souvent imaginé pendant le trek, devant notre gamelle d'avoine ou de semoule quotidienne !

Le GR®58 en pratique

Combien de temps ?

Nous avons fait le Tour du Queryas en 5 jours et demi pour parcourir une distance de 120 kilomètres pour un dénivelé conséquent de 7 800 mètres. Askja, elle, a bien du faire le double ! À trop penser au froid, on avait peut-être minimisé l’effort physique que cela demanderait. Le parcours n’est pas technique, il n’y a aucun passage vertigineux ou d’escalade, mais les portions plates sont bien rares, voire inexistantes. Le chemin se résume à une succession sans fin de cols : montée, descente, montée, descente. Voila à quoi ressemble une journée dans le Queyras.

Notre parcours

À peu de choses près, nous avons suivi l'itinéraire du Tour du Queyras ou GR®58 (sentier parfaitement balisé par la FFRandonnée), avec seulement un détour pour aller jusqu’au lac de la blanche le premier jour. Pour vous rendre à Ceillac, point de départ, vous n’aurez pas le choix en automne : il faudra utiliser votre véhicule personnel. En été, quelques bus circulent, mais ils restent rares. Le Queyras est un endroit isolé, peu urbanisé, et c'est tant mieux !

  • Ceillac – Lac de la blanche
  • Lac de la blanche – La Monta
  • La Monta – Lacs du Malrif (étape difficile, avec beaucoup de dénivelé !)
  • Lacs du Malrif – Montée du col du Tronchet
  • Col du tronchet – Descente après les Escoyères (attention, le bivouac est interdit proche des zones habitées à cet endroit)
  • Retour à Ceillac.

Randonner avec son chien

Partir avec son chien dans ce genre d’aventures demande un peu de préparation. Askja est bien entrainée, nous courrons ensemble plusieurs fois par semaine. Elle est habituée à la vie dehors, à quatre mois elle faisait son premier bivouac avec nous, dans le jardin ! C’est un border collie, avec l’énergie débordante qui va avec.

À lire aussi : Randonner avec son chien : conseils et bonnes pratiques

Quand elle est avec nous le sac à dos s'alourdit : croquettes, serviette, gamelle... Mais voir son chien courir à longueur de journée dans ces grands espaces en vaut bien la peine. Le Queyras était vraiment une destination de choix pour cela.

Attention : en période estivale, de nombreux troupeaux de moutons sont présents sur le Tour du Queyras, avec les patous qui vont avec. Gardez votre chien en laisse et restez calme en cas de confrontations. En automne, nous n’avons croisé que deux troupeaux.

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